Cession de marque INPI : comment vendre ou transférer sa marque enregistrée
Vous vendez votre entreprise ou souhaitez céder votre marque à un tiers ? La cession de marque INPI exige un acte écrit, une inscription au Registre national des marques, et une vérification préalable de l'état du titre. Voici tout ce qu'il faut savoir.
Pré-vérification indicative, pas un avis juridique.
Qu'est-ce que la cession de marque et quand y recourir ?
La cession de marque est le transfert définitif de la propriété d'une marque enregistrée d'un cédant vers un cessionnaire. Elle intervient le plus souvent lors de la vente d'une entreprise ou d'un fonds de commerce, d'une restructuration juridique (fusion, apport partiel d'actifs), d'une liquidation ou simplement lorsqu'un entrepreneur souhaite monétiser une marque qu'il n'exploite plus.
Contrairement à la licence de marque — qui est une autorisation temporaire d'usage — la cession transfère définitivement tous les droits attachés à la marque : le droit exclusif d'exploitation dans les classes désignées, le droit d'agir en contrefaçon, et le droit de renouveler ou de céder à nouveau la marque. Une fois la cession inscrite à l'INPI, le cédant perd tout droit sur la marque.
La procédure de cession de marque à l'INPI : étape par étape
- Étape 1 — Vérifier l'état de la marque avant cession : avant toute négociation, le cédant et le cessionnaire doivent vérifier que la marque est en vigueur (non expirée, non déchue, non annulée), que toutes les classes sont bien couvertes, et qu'aucune procédure d'opposition ou d'annulation n'est en cours. Un rapport complet de vérification évite les mauvaises surprises après la signature.
- Étape 2 — Rédiger l'acte de cession : la cession doit être constatée par un acte écrit. L'acte doit identifier précisément la marque cédée (numéro d'enregistrement INPI, classes, produits et services), les parties (cédant et cessionnaire avec leur identité complète), le prix de cession et les conditions de paiement, les éventuelles garanties du cédant (absence de litige, exploitation effective). Il est fortement recommandé de faire rédiger cet acte par un avocat ou un conseil en propriété industrielle.
- Étape 3 — Inscrire la cession au Registre national des marques : la cession n'est opposable aux tiers que si elle est inscrite à l'INPI. L'inscription se fait en ligne sur le site de l'INPI (espace Marques+). Il faut déposer l'acte de cession (ou une copie certifiée conforme) et régler la taxe d'inscription : 42 € par marque cédée (tarif INPI 2024). Le délai de traitement est généralement de 2 à 4 semaines.
- Étape 4 — Mettre à jour les documents commerciaux et les droits connexes : après inscription, le cessionnaire doit mettre à jour les mentions sur les produits, le site internet, les CGV, et les réseaux sociaux. Si la marque est associée à un nom de domaine, il faut aussi transférer le domaine séparément — les droits sur la marque et le domaine sont indépendants.
Cession partielle de marque : céder pour certaines classes seulement
Il est possible de céder une marque partiellement, c'est-à-dire uniquement pour certaines classes de produits ou services parmi celles couvertes par l'enregistrement. Cette solution est utile lorsqu'un entrepreneur cède une activité tout en conservant d'autres activités couvertes par la même marque, ou lorsque l'acquéreur n'est intéressé que par une partie de la marque.
Attention : après une cession partielle, il existe deux marques distinctes — celle du cédant pour les classes conservées, et celle du cessionnaire pour les classes cédées. Si des conflits surviennent entre les deux titulaires, les tribunaux apprécient le risque de confusion au cas par cas. Une cession partielle doit donc être rédigée avec précision pour délimiter clairement les droits respectifs.
Les pièges à éviter lors d'une cession de marque
- Céder une marque non valide : si la marque est nulle (signe descriptif, antériorité méconnue) ou déchue (défaut d'exploitation sérieuse pendant 5 ans), la cession ne transfère que des droits précaires. Le cessionnaire peut se retrouver sans protection si un tiers fait annuler la marque après la vente. Une vérification d'antériorité et un audit d'exploitation sont indispensables avant d'acheter une marque.
- Oublier d'inscrire la cession à l'INPI : sans inscription, la cession est valide entre les parties mais inopposable aux tiers. Si le cédant cède ensuite la même marque à un second acquéreur qui inscrit sa cession en premier, c'est le second qui prime. L'inscription doit donc être réalisée rapidement après la signature.
- Négliger les noms de domaine et les réseaux sociaux : la cession de la marque INPI ne transfère pas automatiquement les noms de domaine associés ni les comptes de réseaux sociaux. Ces actifs doivent faire l'objet de transferts séparés, négociés et documentés dans l'acte de cession ou dans un acte complémentaire.
- Ignorer les marques EUIPO ou OMPI : si le cédant dispose d'une marque de l'Union européenne (EUIPO) ou d'une marque internationale (OMPI) en plus de la marque INPI, chaque titre doit être cédé et inscrit séparément auprès de l'office compétent. La cession INPI seule ne transfère pas les droits sur ces autres territoires.
Le prix d'une marque INPI : comment valoriser une marque lors d'une cession
Il n'existe pas de méthode unique pour valoriser une marque. Les praticiens utilisent généralement l'une des trois approches suivantes : la méthode des redevances (capitalisation des redevances de licence que le titulaire pourrait percevoir), la méthode des coûts historiques (somme investie pour créer et enregistrer la marque), ou la méthode des revenus futurs (valeur actualisée des flux de trésorerie futurs générés grâce à la marque).
Pour les TPE et PME, une estimation pragmatique consiste à raisonner sur le chiffre d'affaires annuel généré sous la marque, multiplié par un coefficient sectoriel (généralement entre 0,5 et 3 fois le CA annuel). Une marque forte, notoire, exploitée dans plusieurs pays et renouvelée se valorise nettement plus qu'une marque récente peu exploitée.
Questions fréquentes
La cession de marque INPI doit-elle obligatoirement être écrite ?
Oui. L'article L.714-1 du Code de la propriété intellectuelle impose que la cession de marque soit constatée par écrit. Un accord verbal n'a aucune valeur juridique. L'acte écrit est également indispensable pour l'inscription à l'INPI, qui ne se fait que sur présentation de l'acte ou d'une copie certifiée conforme.
Combien coûte l'inscription d'une cession de marque à l'INPI ?
La taxe officielle d'inscription d'une cession à l'INPI est de 42 € par marque (tarif 2024, en ligne). À cela s'ajoutent les honoraires du conseil en PI ou de l'avocat pour la rédaction de l'acte (généralement entre 500 et 2 000 € selon la complexité), et éventuellement les frais de copie certifiée conforme de l'acte.
Peut-on céder une marque qui est encore en cours de procédure d'enregistrement ?
Oui, il est possible de céder une marque dont la demande est en cours d'examen à l'INPI. Dans ce cas, la cession porte sur la demande de marque et non sur un titre accordé. L'acte doit préciser clairement que la cession porte sur la demande en cours. Si la demande est ensuite rejetée, la cession devient sans objet.
Que se passe-t-il si la marque cédée fait l'objet d'une opposition après la cession ?
Si une opposition est formée après l'inscription de la cession, c'est le nouveau titulaire (cessionnaire) qui doit la traiter. C'est pourquoi il est essentiel de vérifier, avant la cession, qu'aucune opposition n'est en cours et que le délai d'opposition de 2 mois depuis la publication au BOPI est écoulé. Cette vérification peut être réalisée avec notre outil de vérification de marque.
La cession d'une marque INPI transfère-t-elle automatiquement le nom de domaine ?
Non. La marque et le nom de domaine sont deux droits distincts et indépendants. La cession de la marque INPI ne transfère pas le nom de domaine associé. Il faut prévoir un transfert séparé du nom de domaine auprès du bureau d'enregistrement (registrar), et documenter ce transfert dans l'acte de cession ou dans un acte complémentaire.
Est-il possible de céder une marque sans en avoir l'exclusivité ?
Si la marque fait l'objet d'une licence exclusive, le licencié peut avoir des droits sur l'exploitation de la marque. Une cession dans ce contexte doit tenir compte du contrat de licence en cours. Si la licence prévoit un droit de préférence au profit du licencié, celui-ci peut exercer ce droit avant tout tiers. Vérifiez systématiquement l'existence de licences avant toute cession.
Comment vérifier si une marque est libre de tout litige avant de l'acheter ?
Notre outil de vérification analyse en 2 minutes l'état de la marque dans les bases INPI et EUIPO : enregistrement en vigueur, classes couvertes, antériorités similaires, et risques potentiels. Le rapport complet (14 €) inclut les risques identifiés, les classes à risque, et les liens directs vers les bases officielles. C'est une étape essentielle avant tout achat de marque.
Faut-il inscrire la cession à l'EUIPO séparément si le vendeur avait une marque européenne ?
Oui. Une marque de l'Union européenne (marque UE déposée à l'EUIPO) est un titre distinct de la marque française INPI. La cession doit être inscrite séparément à l'EUIPO. La taxe est de 200 € par marque UE cédée (tarif EUIPO, en ligne). Une marque internationale (OMPI) nécessite également une inscription séparée auprès de l'OMPI.